le Journal du Floyd

Nous n' allons pas remercier Henriette et sa copine...

cafard

Je n' ai jamais été grand fan des iles Canaries. Pour y passer ses vacances. On n' y parle plus l' Espagnol depuis longtemps. Tout le monde y va. Y a plus de touristes que d' autochtones. C'est pas très authentique. Cette année, pas de destination lointaine ou fantastique, le choix, ou plutôt celui de notre agent de voyage personnel en fonction de notre budget, s' est porté sur Lanzarote. Un peu organisé (l' arrivée et le départ), le reste est fait en complète indépendance. Bref, après un voyage en avion, avec la quequette en z, parce que, la largeur des sièges et la place pour les jambes, c' est pas le terrain de foot non plus, avec en plus une envie de pipi mais pas dans l' avion (j' ai horreur des toilettes dans les transports en commun), nous arrivons enfin à Arrecife. Un bus doit nous attendre pour nous emmener au bungalow réservé (formule éco sympa). Nous sommes accueillis par une jeune blonde, un peu costaud, enfin non vraiment costaud, un brin moustachue qui répond au doux nom d' Henriette. Rien que le prénom, déjà. Au premier abord, je sais déjà que nous allons assister à quelque chose de grand. Le recrutement chez les tours opérateurs, c' est pas magique, hein? Bon, nous grimpons dans le bus ainsi que la joufflue Henriette. Elle s' empare du micro avec une rare sauvagerie (ah bah ouais, vu l' état, elle doit avoir faim, la coquine), et commence à parler. Enfin à chuchoter, la voix n' est pas très agréable, non plus. Au lieu de nous présenter ou tenter de vanter les charmes de l' ile, cette bourrique nous donne le tip suprême, comment acheter une carte de téléphone à moindre coût pour téléphoner à sa famille depuis l' ile. Les bras m' en tombent. Puis au milieu de son discours que je ne suis plus, évidemment, le micro déconne et se coupe. Sans se laisser démonter, elle continue, et là bien sûr, plus personne ne comprend ce qu' elle veut dire. Mais bon, comme tout le monde s' en fout. Elle rejoint son propre hotel avant notre lieu de résidence. Ouf.... La ruelle n' étant pas assez grande pour laisser passer le bus, nous marchons quelques mètres et prenons possessions de nos appartements auprès d'une deuxième blonde, pas moustachue mais quand même un peu costaud. Quid de la connection Wifi vantée sur le prospectus? Ah ben non pas là, pas équipé. Euh pardon? Elle est désolée mais en échange y a 2 ordinateurs à l' accueil, 2 Euros les 10 minutes. Pffff. Le premier essai s'est révélé concluant. Débit super lent, aucune possibilité de se connecter à des sites simples pour consulter ses mails, aucune confidentialité, les 10 minutes sont écoulées. Passées les premières aigreurs, je constate que la location est du niveau des 2 cloches citées plus haut. La location voisine est en travaux, les chiottes demontées et cassées sur la terrasse, au milieu de gravas et sacs de ciment. Notre terrasse est sale, le mobilier de jardin n'a pas été nettoyé depuis le printemps? Dans les plate-bandes, c' est collection de mégots et capsules de bière. Le lendemain matin, après une première nuit passée ailleurs que dans son lit, je me lève péniblement et me dirige vers ce qui ressemble à une cuisine...et voit un cafard tranquille se promener sur le mur. Alors le cafard est un problème simple à élucider. Pour s'en débarasser, faut tout cramer. Ceux qui ont tenté de vaincre le fléau cafard, savent de quoi je parle. Bon, pour couronner le tout, en voulant utiliser le grille-pain, les plombs ont sauté. Allez, retour à l' accueil, voir la copine d' Henriette.
Dans la semaine, nous rentrons comme d' habitude et hop là surprise, la femme de ménage ne ferme plus la porte, donc tout le monde peut rentrer et fouiller dans nos affaires. La lumière est restée allumée. Pour attirer les intrus sans doute? L' incident se répétera souvent malgré nos protestations. Le lendemain, la femme de ménage, pour se venger de ces enfoirés de touristes, avait enlevé toutes les serviettes de toilettes/linge de bain. Allez, retour à l' accueil, voir la copine d'Henriette. Un quart d' heure se passe, puis une heure, et rien. Allez, retour à l' accueil, voir la copine d'Henriette. Elles sont où les serviettes de bain, bordel? La copine se déplace et va chercher les articles elle-même, tout en expliquant qu' elle est ici en remplacement de la vraie réceptionniste, et qu' elle avait pas envie d' occuper son poste... J' hallucine, là...
Le lendemain soir, nous croisons Henriette, qui se trouve à l' accueil. Nous lui demandons comment se déroulera le retour vers l' aéroport avec le bus. C' est écrit dans le classeur! Ah ouais, lequel? Bah là, à l' accueil, mais pas aujourd'hui, dans 2 jours seulement. Cela répond à notre question, c' est sûr. Désagréable, en plus, la grosse Henriette. Mais toujours aussi conne. Lorsque nous avons voulu consulter ce classeur, il n' était pas sur l' étagère comme annoncé, mais la copine d'Henriette, tout aussi professionnelle dans la prestation de service, c' est-à-dire le cul vissé sur la chaise, nous a indiqué l' emplacement. Juste planqué derrière d' autres bouquins. Le rêve continue.
Moralité, beaucoup de gens, beaucoup trop de gens ne peuvent pas partir en vacances, c' est injuste. Les autres qui peuvent et n' ont cette possibilité qu' une seule fois parce que, hein, bon...se font pourrir par des personnes qui, elles, sont sensées être à leur place de travail! Le salaire est peut-être pas énorme, mais fumer une clope dehors et laisser les clients dans le besoin avec une certaine ironie sous le soleil chaud des iles du sud, je sais faire même si je ne suis pas fumeur. A la place, je prendrais une bière! Alors non, nous n' allons pas dire merci à Henriette et sa copine.