le Journal du Floyd

Zoo station

une maman et ses enfants dans le village de Bharatpur

Heureux qui comme Ulysse a fait un bon voyage, et ramènes donc des souvenirs dans ses bagages. Et des impressions aussi. A vouloir tout photographier, les batiments, les lieux où l' on se trouve, les personnes. L' Inde a un côté dérangeant, envoutant. Les premières sensations sont assez déroutantes. La misère, la précarité. Les bidonvilles faits de tentes avec des bouts de bois et des sacs plastiques noirs; pour les plus débrouillards, 2 ou 3 tôles. Une certaine insalubrité, les ordures jonchent le sol, les cadavres d' animaux sont laissés sur place, il faut dire que les animaux errent librement partout, les vaches, les chêvres, les chiens, les singes, etc, que ce soit en ville ou sur ce qu' on appellera une autoroute...Les infrastructures, ils sont en travaux pour un siècle.
Le touriste blanc est attendu aussi. Certains lieux sont à éviter d' urgence, comme Fatehpur Sikri, où j' ai piqué une grosse colère. Un pied en dehors du taxi, ou du bus, et le touriste se retrouve encerclé par 3 rabatteurs au minimum, et une dizaine de vendeurs à la sauvette. Le simple non ne les décourage pas, ils collent en plus de sentir mauvais, leur demander de partir ne sert à rien. J' ai dû rebrousser chemin. Dans beaucoup de magasins, impossible de faire du shopping sans avoir un vendeur qui bourdonne derrière soi. En un mot, pénible et excessivement têtu et gare à la monnaie rendue! A Jaipur, l' abruti qui m' a photographié sur un éléphant, et à qui j' avais dit non pendant 1 heure, m' a re-proposé les mêmes photos de merde, une demi-journée plus tard, alors que je me trouvais quelques kilomètres plus loin...
La qualité de la nourriture varie selon les établissements. On est d' accord, ils ne savent pas faire sans cardamome, garam massala, girofle, cumin. Au minimum. A force de visiter des pays de merde, on chope obligatoirement la chiasse. Les maux de ventre se feront parfois sentir de manière violente après les premières bouchées. La qualité de prestation des différents hôtels sera aussi aléatoire. Sorti des grandes capitales, les coupures d' électricité se feront très fréquentes, bonjour les douches froides. les sols sont sales, les serviettes de bain ne sont pas blanches éclatantes, mais un peu crème, voire très beige. Quelques vieilles traces marron aussi.
En bon philosophe, j' avoue avoir beaucoup ri. Quand je me suis assis sur des toilettes, installées de travers. Le cul en diagonale pour la grosse commission, ça laisse une drôle d' impression. Essayer de trouver les interrupteurs pour éteindre la lumière, bah oui, je dors dans le noir. Quelquefois, j' ai débranché les prises. Quand j' ai voulu brancher mon ordi, la fiche ne tenait pas toujours dans la prise. Ouvrir les portes est assez sportif. Une fois, la porte ne fermait plus, j' ai dû utiliser le verrou. Il m' a été presque impossible de stopper les climatisations toujours poussées à fond...pour obtenir un bon 16 degrés Celsius. Je me suis apercu, après 10 minutes d' efforts sur une télécommande, qu' ils avaient retiré les piles! Les serveurs au restaurant ont parfois des chemises maculées d' improbables tâches, le service en lui-même est très folklorique. Il faut s' assurer que le mec ait compris, en plus d' une certaine lenteur quelquefois. Le plus désopilant, lors d' un diner, ce sont les 2 musiciens locaux, qui se prenaient déjà pour des stars. L' un avec son accordéon traditionnel, l' autre avec ses 2 tambours, ils ont chanté "Frère Jacques". J' en reviens toujours pas...
J' ai été surpris également par plusieurs individus qui voulaient se faire photographier avec moi, j' ai pris la pose avec des jeunes, des enfants. Beaucoup se laissent photographier aussi, parfois à la faveur d' un billet de 10 roupies glissé dans la main. Bref, le pays est haut en couleurs. Je ne parlerai pas de l' héritage culturel, il est énorme. A la campagne, les femmes sont habillées en couleur. En clair, ce pays doit être visité, mais faut pas être exigeant ou pointilleux, les inconditionnels du petit confort à la bourgeoise, va falloir trouver une autre destination (Majorque, Ibiza, ce sera très bien). Dans l' ensemble, je suis très satisfait de mon voyage, on ne visite pas l' Inde en espèrant un certain standing, l' Inde se visite en routard. Une sorte de zoo à ciel ouvert dans les 2 sens. Pour moi. Pour les habitants locaux aussi avec ma tronche de blanc-bec.