le Journal du Floyd

Le temps des soldes?

vitrine de magasin

En marchant dans les rues froides et sombres, la nuit, dans Hambourg, je me suis tout de même attardé devant les vitrines éclairées des magasins. Oui, le temps béni des soldes. Cette foutue société de consommation. Pourtant, nous en vivons tous. Jamais sans mon I phone, ou les dernières fringues à la mode. Il faut les voir les boeufs se bousculer le samedi après-midi chez Primark, au Waterfront à Brême. Facile de les reconnaître dans le tram, rien qu' aux sacs. Entre 3 ou 4 sacs de 100 litres par personne. Au minimum. Pour des vêtements, que les intéressés ne mettront pas et rangeront dans l' armoire. Dans 20 ans, ce sera le bonheur des marchés aux puces ou des vides-greniers. L' engorgement du magasin n' a rien à envier à celui des transports en commun. Bientôt ils feront plusieurs tramways pour les paquets et un autre pour les passagers, va savoir. Il paraît que c' est la crise économique. Serions-nous si stupides? Les devantures manquent cruellement d' imagination. Les éclaraiges restent standarts. Les mannequins derrière la vitre attendent avec désespoir que des vrais, cette fois, les remplacent. Ordoncques, en trainant mon ennui, je tombe par hasard sur cette vitrine. Rien d' extraordinaire et pourtant. Il n' y a que des sacs en papier. Genre de sacs que nous pourrions utiliser comme jetable, poubelle, enfin, on ne conserve pas, quoi?! Un léger contraste de rouge et de blanc, le symbole du pourcentage et un coeur pour nous rappeler, qu' en cette période de soldes, nous sommes bien sûr gagnants et que l' on nous aime. Ah, et dans le sac papier, un mannequin enfant? Nu. Curieux, ce sens de la vente à tout prix. Nous bradons l'être humain, voire nos propres enfants, pour vendre? Le leitmotiv : il faut vendre! Et toi, tu as quoi à vendre, qui peut encore acheter, nous acheter? Sans pour autant tuer cette société de consommation, dans et pour laquelle nous vivons, il y a toutefois des symboliques fortes, et celle-ci n' était pas appropriée. Certaines enseignes nous prennent vraiment pour des cons.